Ne cherchez pas à inventer la roue.

Votre solution existe très probablement déjà !

Vous trouverez ici quatre conseils pour les Maires et les autorités locales africaines qui souhaitent commencer à travailler avec les start-ups présentes sur leur territoire.

On le sait désormais tou.te.s., le numérique est incontournable pour le développement durable des villes : au sein de la mairie pour la coordination des équipes locales, pour maintenir le lien avec les citoyens ou bien pour continuer à travailler avec ses partenaires plus éloignés par temps de crise sanitaire.

Le numérique est aussi un instrument très puissant pour développer ou améliorer les services et la gouvernance d’une ville, qu’il s’agisse de son système de collecte de taxes, de son plan de mobilité ou bien de la gestion des données de la population.

Il y a beaucoup de villes africaines qui ont déjà des stratégies « smart » ou des partenariats avec les compagnies du numérique et les start-ups. Si ce n’est pas votre cas, voici quelques conseils. Ils sont tirés de l’expérience que l’on a acquise jusqu’à maintenant avec les 11 villes africaines, membres d’ASToN[1], le réseau de villes africaines pour la transition numérique durable et inclusive.

La création de groupes d’action, pour travailler en collaboration avec les acteurs locaux

C’est la conclusion à laquelle sont arrivées plusieurs des villes ASToN, telles que Nouakchott, Matola ou bien Bamako. Une des premières activités au début du réseau a été pour les villes de créer des groupes d’action locale qui regroupent toutes les parties prenantes du projet sur leur territoire. Cela leur a permis de formaliser des liens avec le secteur privé mais aussi de mieux comprendre les activités que ces acteurs développent déjà. C’est ainsi que l’équipe locale de Bamako a pris connaissance par exemple des fonctions d’une application qui permet aux autorités locales de communiquer en temps réel avec les citoyens et vice-versa.

Dans le cas de Nouakchott qui se penche notamment sur les questions d’adressage dans le cadre de notre réseau, la région sait très bien que des solutions à leur problème ont déjà été développées par des start-ups et par des sociétés privées qui vendent déjà leurs solutions aux institutions. La question qui se pose pour ces villes est donc comment travailler avec ces acteurs d’une manière durable et collaborative, sans entrer dans le dilemme du « buy or build » (acheter ou construire).

La création d’un point de contact formel pour les start-ups au sein de votre municipalité

Très souvent, les liens avec les entrepreneurs et les acteurs privés passent par des contacts personnels. Cela permet aux acteurs du numérique d’avoir accès à des informations (par exemple sur les besoins ou les priorités de votre institution) mais elles sont très souvent partielles et fluctuantes. En échangeant avec les acteurs du secteur numérique à Lagos lors de notre city visit, nous avons appris à quel point avoir un contact direct au sein de l’administration locale est crucial pour les start-ups. Cela permet d’avoir un accès égal à l’information et de pouvoir développer des solutions tech pour le gouvernement en adéquation avec les enjeux locaux. Offrir ces informations ne vous engage à rien, mais cela permet d’avoir une solution plus fiable pour ceux qui veulent travailler pour le développement de votre ville.

Image by Joseph Mucira

N’oubliez pas la bureaucratie…

Les start-ups sont souvent des structures frugales, qui n’ont pas beaucoup de capital. Cela leur permet de s’adapter facilement, de changer d’approche ou de projet. Cette flexibilité est essentielle pour leur fonctionnement et leur réussite. Dans le cas d’une des villes ASToN, une collaboration qui était censée durer six mois a finalement duré deux ans et cela a amené la start-up impliquée au bord de la faillite, car leurs ressources étaient bloquées dans ce projet.

Assurez-vous donc avant le début d’un tel projet, que les processus administratifs sont clairs et que les personnes dont le bon déroulement du projet dépend, sont au courant et prêts à intervenir. De l’autre côté, mettez en place une feuille de route avec vos partenaires privés, tout en incluant les temps d’attente et les imprévus.

… mais surtout les gens !

Tout cela est par contre possible à une condition : qu’il y ait au sein de la mairie une équipe capable de suivre un projet numérique et des personnes qui comprennent quels sont les besoins en termes d’infrastructures et d’outils dans votre institution. Qu’est-ce que vous êtes capables de faire vous-mêmes en termes de développement et de maintenance ? Le numérique est un domaine de compétence du secteur privé par excellence. Investissez donc dans les compétences de votre équipe technique pour qu’elle sache traiter d’égal à égal avec vos partenaires privés, qu’ils puissent ensemble co-construire des solutions numériques adaptées et solides pour les besoins de votre ville.

[1] aston-network.org/fr

Article en anglais ici.

ASToN network brings 11 African cities together to develop digital practices in order to create sustainable & inclusive cities.

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